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Coran en sept ahrûf/Lecture

Pseudo−variantes/version

La plupart d'orientaliste prétendent que le Coran existe en plusieurs versions du Mashaf, alors ce ne sont nullement des versions, mais seulement des prononciations différentes de certains mots, du moment que les dialectes des tributs arabes différents d'une région à une autre. Dire le contraire, c'est méconnaitre l'exégèse du Coran et son histoire.

Les paléographes occidentaux se sont aussi penchés sur la graphie arabe, en affirmant des modifications textuelles. Les adeptes de l'islam mémorisaient le Coran par cœur, ils auraient constaté une différente entre ce qu'ils connaissaient par cœur et ce de l'écrit. Contrairement au comparatif avec l'Ancien Testament, qui lui souffre d'une tradition orale sen­siblement disjointe et d'un texte dépourvu de voyelles pendant deux longs millénaires. Cette approche manque manifestement de rigueur scientifique. La pratique établie pour l'authentification des écritures musulmanes (isnad) oblige que tout texte religieux (hadith, Tafsir, fiqh, etc.) soit transmis par des personnes qui l'ont reçu de manière di­rectement et que ces mêmes personnes l'enseignent ensuite à la gé­nération suivante, ce qui nous permet de tracer la généalogie de chaque écrit, ce qui est unique dans le monde.

Aucun système mis au point par l'homme n'aurait pu mieux protéger le Coran de la corruption et de sa diffusion que grace à la récitation orale dans les mosquées, écoles, domiciles, aux quatre coins du monde musulman. En plus du fait que le Coran à été rassemblé juste après la mort du Prophètesaws, ce qui n'est pas le cas des écritures antérieurs.

Il est bien établi depuis longtemps que cette méthode de tromperie a été employée par certains missionnaires chrétiens et orientalistes aux intentions malveillantes, dans le but de discréditer la validité du Coran en soutenant qu'il existe plusieurs versions de celui-ci. Alors qu'il est bien connu et bien documenté que le Coran a été révélé sur ce qu'on appelle " Sept ahrûf ". Ces derniers font toujours l'amalgame de comparer leurs références (leurs livres) au Coran, alors que les révélations du Coran ne font que valider ou invalider les histoires que véhiculent leurs écritures souvant surchargés par des rajouts.

Les textes ne sont pas des différentes " versions " ou " textes " du Coran comme les allégations colportées par les non-musulmans et les anti-islam. Les différentes lectures sont d’authentiques révélations divines du Coran, qui sont transmises sans modification par le Messager d’Allah saws. Bien qu’ils diffèrent, ils véhiculent le même sens et le même message. Le Coran contient un verset indiquant qu’Allah sawsconfirme Sa préservation jusqu’au Jour du Jugement. Allah saws dit : " En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien." (Coran 15/9)

Un peu d'histoire

Il est important de comprendre la différence entre ahruf et Qirâ'ât.

Le Coran a continué à être lu selon les sept ahrufs jusqu'au milieu du règne du calife 'Othman, lorsqu'une est apparue certaines confusions concernant la récitation du Coran. Avec l'expension de l'Islam à d'autres térritoire, certains nouveaux musulmans ont commencé à mélanger les différentes formes de récitation par ignorance. En sus de ce fait, certaines copies du Coran n'ont pas été mises à jour de ces abrogations et contenaient encore de tels versets abrogés (Mansoukh). Cela a en soi encouragé le calife Othman à mettre fin à toutes les copies contenant des vers abrogés (Mansoukh), craignant que les gens entrent en conflit sur l'orthographe et la récitation correctes du Coran. Parfois, on aurait pu écrire des notes, des interprétations, des hadiths ou toute sorte d’explication des versets coraniques environnants. Apparemment, cela semble bien, mais cela pourrait induire d’autres personnes en erreur par la suite, les confondant entre ce qui est le Coran et ce qui ne l’est pas.

La majorité des musulmans de La Mecque étaient issus d'un milieu homogène. Du moment, que l'islam s'étendait au-delà de la Mecque et attiengnait les confins tribaux pour englober l'ensemble de la péninsule arabique, il devenait de plus en plus courant que des tribues aux dialectales différents, éloignées par la géographie se retrouvent en contact fréquent. De ce contact est née la question de l'enseignement du Coran, qui n'exigeait pas des différentes tribus d'abandonner complètement leur dialecte natal au profit du dialecte pur de Quraysh, dans lequel le Coran a été révélé. Ce qui avait incité le Prophètesaws à opter pour une approche plus souple de l'enseignement du Coran, en utilisant le dialecte de chaque tribu.

Le calife 'Othman décida de faire des copies officielles du Coran selon le dialecte des Quraysh en ayant l'approbation des Compagnons, ce qui a conduit à la déstruction de toutes les copies non officielles du Coran. À partir de ce moment, le Coran qui est disponible dans le monde entier aujourd'hui est écrit et récité uniquement selon le harf de Quraysh. Le calife Othman avait simplement fait ce qui était très essentiel pour garantir que toutes les copies du Coran soient identiques à ce qu'Allah azawajalba révélé à Son Prophète saws. C’était son objectif absolu : préserver le Coran d’une lecture erronée ou d’une quelconque corruption.

Il convient de mentionner que la copie du Mushaf d'Othman est la même que la première copie authentique qu'avait supervisée le calife Abou-Bakr pour collectée au paravant. De plus, le Mushaf d’Othman était d’accord avec le contexte du Coran qui a été mémorisé par des milliers de compagnons du Prophète saws à son époque.

Le Messager d’Allah saws a demandé à plusieurs reprises à Djibril saws d'avoir la permission d'utiliser des variantes du Coran, et celui-ci finit par lui apprendre de réciter le Coran suivant sept lettres qui étaient toutes pleinement satisfaisantes. Le hadith suivant l'atteste ; dans ce hadith d’Ibn Abbas selon lequel le Prophète saws a dit : " Djibril m’a appris au début de réciter le Coran suivant une seule lettre . Et puis je l’ai sollicité de façon répétée, et il a porté les lettres à sept " (Rapporté par al-Boukhari et Mouslim).

Anas ibn Malik radi allahu anhu : (Le Calife) `Othman a ordonné Zaid bin Thabit, Sa`īd ibn Al-As,` Abdullah ibn Az-Zubair et `Abdur- Rahman bin Al-Harith ibn Hisham de transcrire les exemplaires du Coran sous la forme d’un livre (Mushafs) et leur dit : " Dans le cas où vous êtes en désaccord avec Zaid ibn Thabit (Al-Ansari) au sujet (d’un mot) arabe, écrivez le suivant le dialecte des Quraish, car le Coran a été révélé dans le dialecte Quraishyte . ". Et c’est ce qu’ils firent.

Quelques mots sur les Qirâ'ât :

Un Qirâ'ât est, pour l'essentiel, une méthode de prononciation utilisée dans les récitations du Coran. Ces méthodes sont différentes des sept formes ou modes (ahruf) sous lesquels le Coran a été révélé. Les sept modes ont été réduits à un seul, celui des Quraysh, à l'époque du calife 'Othman, et toutes les méthodes de récitation sont basées sur ce mode. Les différentes méthodes viennent toutes du Prophète saws grâce à plusieurs Compagnons qui étaient connus pour bien réciter le Coran. En d'autres termes, ces Compagnons récitaient le Coran en présence du Prophète sawset obtenaient son approbation. Parmi eux se trouvaient les personnes suivantes : Ubayy Ibn K'ab, 'Alee Ibn Abi Taalib, Zayd Ibn Thaabit, 'Abdullah Ibn Mas'ud, Abu ad-Dardaa et Abu Musaa al-Ash'aree.

D'après Omar ibn al-Khattab radi allahu anhu, il a dit : J'ai entendu Hicham ibn Hakim réciter la sourate Al-Fourqan pendant la vie du Messager d'Allah, saws. J'ai écouté sa récitation, et il la récitait avec de nombreuses lettres que le Messager d'Allah saws ne m'avait pas enseignées de cette manière. J'étais sur le point de l'attraper pendant la prière, alors je l'ai attendu jusqu'à ce qu'il termine, puis, je l'ai saisi par son manteau, et j'ai dit : Qui t'a enseigné cette sourate ? Il a dit : " Le Prophètesawsme l'a enseignée. " J'ai dit : " Tu mens, par Allah, le Prophète saws m'a enseigné cette sourate que je t'ai entendue réciter. " Je l'ai donc conduit au Prophète sawset j'ai dit : " Ô Messager d'Allah, j'ai entendu celui-ci réciter la sourate Al-Furqan avec des lettres que tu ne m'as pas enseignées, lors que tu m'as enseigné la sourate Al-Furqan. " Le Prophètesawsa dit : " Lâche-le, Ô Omar, récite, Ô Hicham. " Il a récité la lecture que je l'avais entendu réciter. Le Prophète saws a dit : " C'est ainsi qu'elle a été révélée. " Puis le Prophète sawsa dit : " Lis, Ô Omar. " J'ai lu, et il a dit : " C'est ainsi qu'elle a été révélée. " Puis il a dit : " Ce Coran a été révélé en sept lettres, alors lisez ce qui vous en est facile. " (Rapporté par Boukhari et Mouslim)

Ainsi, comme il laisse apparaitre ce hadith, Omar ibn al-Khattabradi allahu anhu, n'a pas contesté les termes dans le verset, du moment que les sens des versets était intact. Ces " lettres " sont une source de diversité et non de contradiction, ainsi Allahazawajalb veut la faciliter aux croyants et non la difficulté.

Qirâʾât est un mot pluriel qui signifie littéralement " lectures ". Techniquement, qirâʾât fait référence à " des méthodes de récitation orale du Coran convenues (par les savants musulmans) ". Chaque École de qirâʾât tire son nom d’un célèbre lecteur de récitation du Coran enseigné par le Messager d’Allah saws. Ces lectures ne diffèrent que par des moyens qui NE COMPROMETTENT EN AUCUN CAS LES SIGNIFICATIONS et N’AUTORISENT PAS CE QUI EST INTERDIT.

La réponse la plus satisfaisante à "Sept lettres" est qu'il s'agit de sept modes de lecture qui présentent des différences textuelles, mais qui restent cohérents en termes de sens. S’il arrive qu’il y ait des variations, cela implique la diversité et la différence et non la contradiction et l’opposition.

Certaines tribus prononçaient le mot " ﺣﺘﻰ " (hatta) comme "ﻋﺘﻰ (atta) et " صراط " (sirat) comme  " سراط " (sirat), etc. C'est cela qui constitue la première cause ayant donné lieu aux variantes connues dans la récitation.

Un autre exemple bien connu se trouve dans la sourate al-Fātiha, où le quatrième verset peut être récité comme ﻣَـٰﻠِﻚِ mālik (Maître) ou ﻣَـٰﻠِﻚْ  malik (Roi) du Jour du jugement. Ces deux formulations ont été enseignées par le Prophète saws et constituent donc des lectures multiples, non pas des variantes.

Traditionnellement, il y en a 10 lectures reconnus (approuvés par les érudits musulmans), dont sept classés par les savants musulman. Abu Bakr Ibn Mujahid, comme étant les plus authentiques et acceptés. Tous les qirâʾât authentiques ont été enseignés et révisés oralement et personnellement par le Prophète Mohammed saws lui-même avec ces compagnons jusqu’à la fin de sa vie bénie, selon un Hadith Sahih (authentique dicton prophétique) rapporté par Ibn Massoud saws.

Les 7 lectures authentifiers :

Les sept ensembles de lectures acceptés par Ibn Mujâhid représentent les systèmes en vigueur dans différents centres. Il y en avait un provenant de Médine, un de La Mecque, un de Damas et un de Bassora, et trois de Koufa. Pour chaque ensemble de lectures (qirâ’a), il existait deux versions légèrement différentes (au singulier : riwâya).

  • ibn 'âmir (du châm) - mort en 118. (ont rapporté de lui ibn dhakwân et hichâm),
  • Ibn kathîr (de La Mecque) - mort en 120. (ont rapporté de lui el-bazzy et qunbul),
  • nâfi' (de Medine) - mort en 169. (ont rapporté de lui qâlûn et warch), 
  • 'âsim (de Kûfâ) - mort en 127. (ont rapporté de lui chû'ba et hafs),
  • hamza (de Kûfâ) - mort en 156. (ont rapporté de lui khalaf et khallâd),
  • abû 'amr (de Bassora) - mort en 154. (ont rapporté de lui al-dûry et al-sûssy),
  • al-kassai (de Kûfâ) - mort en 189. (ont rapporté de lui abû al-hârith et al-dûry).

Les 3 autres lectures :

  • khalaf (de Kûfâ) - mort en 229 (ont rapporté de lui idriss et Ishaq),
  • abû ja'far (de Médine) - mort en 130. (ont rapporté de lui ibn wardân et ibn jammâz),
  • ya'qûb (de Kûfâ) - mort en 205. (ont rapporté de lui ruwaiss et rawh).

Conditions de validité des différentes qirâ'ât :

  • La première condition était que la récitation possède une chaîne de transmission authentique, avec une succession de rapporteurs ininterrompue, dont chacun était reconnu pour sa droiture et son intégrité, et dont la mémoire était jugée fiable. Il était en outre requis que la transmission soit rapportée par un grand nombre de narrateurs à chaque niveau de la chaîne de transmission en dessous du rang des Compagnons (condition de transmission par concordance massive, c’est-à-dire le tawâtur). Les narrations qui disposaient de chaînes authentiques mais ne remplissaient pas la condition du tawâtur 1 étaient acceptées comme des explications (exégèse, c’est-à-dire tafsîr) des Compagnons, mais n’étaient pas considérées comme des modes de récitation du Coran. Quant aux narrations qui ne possédaient pas une chaîne de transmission authentique, elles étaient classées comme fausses (bâṭil 2) et totalement rejetées.
  • La deuxième condition était que les variations dans les récitations correspondent à des constructions grammaticales arabes reconnues. Les tournures inhabituelles pouvaient être confirmées par leur présence dans des passages de prose ou de poésie préislamique.
  •  La troisième condition exigeait que la récitation coïncide avec l’écriture de l’un des exemplaires du Coran distribués à l’époque du calife ʿUthmân. Ainsi, les différences résultant du placement des points diacritiques3 (par exemple ta‘lamūn et ya‘lamūn) étaient considérées comme acceptables, à condition que les autres critères soient remplis. Une récitation comportant une construction pour laquelle aucune preuve ne pouvait être trouvée était classée comme shâdhdh (irrégulière). Cette classification ne signifiait pas que tous les aspects de la récitation étaient considérés comme shâdhdh ; elle indiquait seulement que les constructions non vérifiées étaient jugées shâdhdh4

Pour que la qirâʾâ soit considérée comme authentique, elle doit remplir les conditions suivantes :

La condition de Tawaatur doit avoir une chaîne de narration authentique (chaîne fiable, nombreuse et continue de narrateurs) vers le Messager d’Allahsaws.

Les variations des récitations doivent correspondre aux constructions grammaticales arabes connues. En cas de constructions inhabituelles, cela pourrait être vérifié par leur existence dans des passages de prose ou de poésie préislamiques connus.

La récitation doit coïncider avec l’examplaire de l’une des copies du Coran distribuées à l’époque du calife Othmân, qui est écrite selon le dialecte de Quraysh (la tribu du prophète).

Anthropologie du Coran 

Dans les copies 'Othmāniques, le Coran était écrit dans un rasm (graphie) particulier qui est devenu connu sous le nom al-rasm al-'Othmānī  également appelé rasm al-mushaf. Comme les copies faites sur ses ordres et distribuées dans diverses parties du monde musulman étaient censées faire autorité. L’orthographe arabe au premieur siècle n’était pas encore développée, Il n’y avait pas de distinction entre les lettres de l’alphabet de forme similaire et il n’y avait pas de marques de voyelles. Cela peut donner l’impression qu’un tel système a dû donner lieu à une grande confusion dans la lecture. Ce n’était pas vraiment le cas, car les modèles morphologiques des mots en arabe permettent aux lecteurs de lire même des documents inconnus sans que les voyelles courtes ne soient marquées. Car ce qui est plus important, en ce qui concerne le Coran, c’est que l’apprentissage et la lecture reposent avant tout sur la transmission orale.

Les deux écrits étaient dépourvus de points et de marques diacritiques qui ont été introduits plus tard par les érudits musulmans pour assurer la prononciation correcte de la version écrite du Coran conformément aux qirâʾât authentiques récitées. Les points et les signes diacritiques ont été introduits dans l’écriture arabe par des érudits musulmans. Les plus connus sont Abu’l Aswad ad-Du’alî (mort 69/688), Naṣr Ibn ʿĀṣim (mort 89/707) et Yaḥya Ibn Yaʿmur (mort 129/746)

Pour assurer une lecture correcte des textes écrits du Coran, en particulier pour ceux qui venaient après la première génération de musulmans, des mesures ont été prises progressivement pour améliorer l’orthographe. Cela a commencé, en introduisant des points pour indiquer les différentes voyelles etnotation et ceux-ci ont été mis dans une encre de couleur différente de celle du texte. Il y avait aussi des points pour distinguer les consonnes de forme similaire. Ce travail fut réalisé principalement par trois hommes, Abū-l-Aswad al-Du’ali (m. 69 / 688), Nasr Ibn 'Asim (m. 89 / 707) et Yahyā Ibn Ya’mur (m. 129 / 746).

La Qirâ’a de Médine (Madina)

La lecture de Médine est connue sous le nom de lecture de Nâfiʿ Ibn Abî Nuʿaym (plus précisément Abû ʿAbd ar-Rahmân Nâfiʿ Ibn ʿAbd ar-Rahmân).

Nâfiʿ mourut en l’an 169 de l’Hégire. Il rapporta de Yazîd Ibn al-Qacqâc, de ʿAbd ar-Rahmân Ibn Hurmuz al-ʿAraj, de Muslim Ibn Jundub al-Hudhalî, de Yazîd Ibn Român et de Shaybah Ibn Nisâʾ. Tous rapportèrent d’Aboû Hourayra, d’Ibn ʿAbbâs et de ʿAbdallâh Ibn ʿAyyâsh Ibn Abî Rabîʿah al-Makhzûmî. Ces trois derniers rapportèrent de Ubayy Ibn Kaʿb, qui rapporta lui-même du Prophète (que la paix soit sur lui).

Deux lectures majeures nous sont parvenues de Nâfiʿ : Warsh et Qalûn.

La Qirâ’a de La Mecque (Makka)

La lecture de La Mecque est celle d’Ibn Kathîr (ʿAbd Allah Ibn Kathîr ad-Dârî).

Ibn Kathîr mourut en l’an 120 de l’Hégire. Il rapporta de ʿAbd Allâh Ibn Assâʾib al-Makhzûmî, qui rapporta de Ubayy Ibn Kaʿb (le Compagnon du Prophète, que la paix soit sur lui).

Ibn Kathîr rapporta également de Mujâhid Ibn Jabr, qui rapporta de son maître Ibn ʿAbbâs, lequel rapporta de Ubayy Ibn Kaʿb et de Zayd Ibn Thâbit, et tous deux rapportèrent du Prophètesaws.

La Qirâ’a de Damas (ash-Shâm)

La lecture de Damas est connue sous le nom de lecture de ʿAbd Allâh Ibn ʿĀmir.

Il mourut en l’an 118 de l’Hégire. Il rapporta de Abû ad-Dardâʾ et de al-Mughîra Ibn Abî Shihâb al-Makhzûmî, lesquels rapportèrent de ʿOuthmân.

La Qirâ’a de Bassora (basra)

(D’après as-Sabʿah, l’ouvrage d’Ibn Mujâhid, p. 79, Abû ʿAmr est appelé Zayyân Abû ʿAmr Ibn al-ʿAlâʾ. Il naquit à La Mecque en l’an 68 de l’Hégire et grandit à Koufa.) Il mourut en 154 de l’Hégire.

Il rapporta de Mujâhid, de Saʿîd Ibn Jubayr, de ʿIkrimah Ibn Khâlid al-Makhzûmî, de ʿAtâʾ Ibn Abî Rabâḥ, de Muhammad Ibn ʿAbd ar-Rahmân Ibn al-Muhaysin et de Humayd Ibn Qays al-ʿAʿraj — tous originaires de La Mecque.

Il rapporta également de Yazîd Ibn al-Qacqâc, de Yazîd Ibn Rumân et de Shaybah Ibn Nisâʾ — tous originaires de Médine.

Il rapporta aussi de al-Ḥasan (al-Baṣrî), de Yahyâ Ibn Yaʿmur et d’autres rapporteurs de Bassora.

Tous ces narrateurs avaient pris directement des Compagnons du Prophète (que la paix soit sur lui).

Deux lectures, as-Sûsi et ad-Dûrî, lui sont attribuées.

Les chaînes de transmission de cette lecture relient La Mecque, Médine et Bassora, ce qui témoigne de sa diffusion et de sa solidité.

La Qirâ’a de Koufa

La lecture de Koufa est celle de ʿĀṣim Ibn Abî an-Najûd (ʿĀṣim Ibn Bahdalah Ibn Abî an-Najûd).

Il mourut en l’an 127 ou 128 de l’Hégire. Il rapporta de Abû ʿAbd ar-Raḥmân as-Sulamî et de Zirr Ibn Hubaysh. Abû ʿAbd ar-Raḥmân rapporta de ʿUthmân, de ʿAlî Ibn Abî Ṭâlib, de Ubayy Ibn Kaʿb et de Zayd Ibn Thâbit. Et Zirr rapporta de Ibn Masʿûd.

Deux lectures sont rapportées : la célèbre Hafs et la moins connue Shucbah.

  • ʿĀṣim Ibn Abî an-Najûd (عاصم بن أبي النجود, m. 127/128 H ≈ 744–745 ap. J.-C.) : grand lecteur de Koufa, sa qirâ’a est l’une des plus répandues aujourd’hui, notamment à travers la riwâya de Ḥafṣ.

  • Abû ʿAbd ar-Raḥmân as-Sulamî (أبو عبد الرحمن السلمي, m. 74 H) : célèbre transmetteur du Coran, élève de plusieurs Compagnons.

  • Zirr Ibn Hubaysh (زر بن حبيش, m. 82 H) : rapporteur de Koufa, élève de grands Compagnons.

Compagnons rapportés dans la chaîne :

  • ʿUthmân Ibn ʿAffân (عثمان بن عفان, m. 35 H), troisième calife, standardisateur du Coran.

  • ʿAlî Ibn Abî Ṭâlib (علي بن أبي طالب, m. 40 H), quatrième calife, cousin et gendre du Prophète .

  • Ubayy Ibn Kaʿb (أبي بن كعب, m. 30 H), expert de la récitation.

  • Zayd Ibn Thâbit (زيد بن ثابت, m. 45 H), secrétaire du Prophète et principal compilateur du Coran.

  • ʿAbd Allâh Ibn Masʿûd (عبد الله بن مسعود, m. 32 H), l’un des premiers convertis, grand connaisseur du Coran.

  • La lecture d’al-‘Amash de Koufa également :
    Il rapporta de Yahyâ Ibn Waththâb, de ‘Alqamah, d’al-Aswad, de ‘Ubayd Ibn Nadlah al-Khuzâ‘î, d’Abû ‘Abd ar-Rahmân as-Sulamî et de Zirr Ibn Hubaysh, et tous rapportèrent de Ibn Mas‘ûd.
  • La lecture de ‘Alî Ibn Hamzah al-Kisâ’î, connu sous le nom d’al-Kisâ’î, de Koufa :
    Il mourut en l’an 189 H. Il rapporta de Hamzah (le précédent), de ‘Îsâ Ibn ‘Umar, de Muhammad Ibn ‘Abd ar-Rahmân Ibn Abî Laylâ et d’autres.

Pour ce qui est des nuqatﻧﻘﻄ points) qui, aux premiers temps de l'islam, existait déjà, car des études paléographieque ont demontrées avec des preuves (feuilles manuscrites, stele, etc) avec des inscriptions arabe préislamique présentant des points squelettiques sur les lettres. 

Les lettres suivantes avaient été pourvues de points pour les différencier des autres lettres partageant la même forme squelettique : nun (ن), kha (خ), jim (ج), dhal (ذ), za (ز), chin (ش), ya (ي), ba (ب), tha (ث), fa (ف), qaf  (ق), et ta (ت), soit un total de douze caractères, toujours en usage aujourd'hui.

Coran avec les point de couleurs2Avec l'expansion de l'Empire islamique, de nouveaux convertis à l'islam désireux de pouvoir réciter et comprendre le Coran, est devenu indispensable d'adoption d'un système formalisé de grammaire arabe. Les signes diacritiques (damma, fatha, kasra, un tanwïn ad-damma (double damma), un tanwïn al-fatha (double fatha) ou un tanwïn al-kasra (double kasra)) connus en arabe sous le nom de "tachkil ", ont été inventés par Abu al-Aswad ad-Du'ali, qui à composé un premier traité de grammaire arabe. Reprit et amélioré plus tard par Yahya ibn Ya'mar, et Nasr ibn 'Asim al-Laythi, jusqu'à ce que Khalîl Ibn Ahmad Al Farâhîdî, qui en modifia le modèle en remplaçant les points colorés par des formes ressemblant à certains caractères.

Son travail a permis de formaliser et structurer les règles de la langue arabe, influençant ainsi des générations de linguistes après lui.

Yahya ibn Abou Kathir dit : "Les points furent la première chose incorporée par les musulmans dans le mushef, un acte qui, selon eux, apporta de la lumière au texte (c'est-à-dire le clarifia). Par la suite, ils ajoutèrent des points à la fin de chaque verset pour le séparer du suivant, et après cela, des informations indiquant le début et la fin de chaque sourate."

Un lecteur n'ayant pas le Coran en mémoire, un mot dépourvu de points pouvant être lu - ﻳُﻌﻠِّﻤﻪ  -  ﻧُﻌﻠِّﻤﻪ  -  ﺗُﻌﻠِّﻤﻪ - ﺑﻌﻠﻤﻪ , ainsi, il avait la possibilité de choisir à sa discrétion les caractères appropriés en utilisant les points et les marques nécessaires. C'est la raison principale de la présence d'un récitateur confirmé et agréé.

Prenons par exemple le mot Livre " كتب" (ktb) dont on n'écrit généralement que les trois consonnes, une fois vocalisé, peut prendre différent les sens :

  • un verbe à la 3e personne du masculin singulier de l'accompli actif ; كَتَبَ (kataba, il a écrit) ou encore ; كَتَّبَ (kattaba, il a fait écrire) ;
  • un verbe à la 3e personne du masculin singulier de l'accompli passif ; كُتِبَ (kutiba, il a été écrit) ;
  • un nom masculin pluriel ; كُتُبٌ (kutubun, les livres) ;
  • un verbe à l'impératif à la 2e personne du masculin singulier ; كَتِّبْ (kattib, fais écrire).

C'est la raison principale qui à faire que le Coran sans les points diacritique n'était jamais lu sans la présence d'un récitateur (instructeur) agréé et expérimenté. Au cas où des variations apparaissent, le squelette des lectures reste fidèle au mushaf de 'Othman, et chaque groupe peut justifier sa lecture en s'appuyant sur une chaîne de transmission faisant autorité remontant jusqu'au Prophètesaws. Ce que les orientalistes généralement omettent à prendre en compte ou "feinte d'ignorer" cette importante tradition de l'érudition orale. Ce qui est une omition importante pour des scientifiques et leur hypothése sont fondée sur des hypothèses fallacieuses. Ces orientalistes, désirent critiquer le Coran et le comparer à l'Ancien et le Nouveau Testament, que leurs rédacteurs ont remaniées à leur convenance les textes en les attribuants à leurs Prophètes respectifs et comme étant les " Paroles de Dieu ".

L'orthographe du Coran fait l'objet d'une branche distincte de la science qui est " 'Ilm al-rasm que le précurseur Abou Amr Al-Dani a étudié en détails, dont son livre Al-Mouqni' est la référence.

Avec de nombreux autres aspects du Coran, son orthographe a fait l'objet d'une branche d'étude distincte connue sous le nom de " `ilm al-rasm " (science de la graphie) Abou `Amr Al-Dānī * a examiné en détail les caractéristiques de ce rasm (graphie). Son livre al-Muqni` est resté une autorité importante - Suyūtī (909/1503) a réduit les règles du rasm coranique à 6 comme suit :*

  1. La règle de la suppression, (hadhf)
  2. La règle de l'addition, ( ziyādah)
  3. La règle de substitution, (badal)
  4. La règle du hamza,
  5. La règle de l'union et de la séparation, (al-wasl wa-l-fasl)
  6. La règle des cas où il y a deux lectures canoniques, mais où le texte est écrit selon l'une d'entre elles, (ma fīhi qirā'ātan fa-kutiba `alā ihdāhumā).

Tawâtur (تواتر) : transmission par un si grand nombre de rapporteurs à chaque niveau de la chaîne
Bâṭil (باطل) : terme désignant ce qui est faux, invalide ou sans fondement, et qui doit donc être rejeté.
Points diacritiques : les signes ajoutés à la graphie pour distinguer certaines lettres, absents dans les premiers manuscrits du Coran
Shâdhdh (شاذ) : littéralement « rare », « irrégulier » ; en sciences coraniques, cela désigne une lecture qui ne remplit pas toutes les conditions d’authenticité et ne peut donc pas être considérée comme une récitation canonique, bien qu’elle puisse conserver une valeur linguistique ou exégétique. 

Source :
-
MUHAMMAD M. AL-AZAMI - L'HISTOIRE DU TEXTE DU CORAN DE LA RÉVÉLATION À LA COMPILATION
* 
Kitab an-naqt d'Abou 'Amr ad-Dāni (371-444 AH), publié par l'Université al-Azhar, Le Caire,
https://www.islamic-awareness.org/quran/text/

يُرِيدُونَ أَن  ﻳُﻄْﻔِﻮُٔ اْ نُورَ ٱلله بِأَفۡـوَٰهِهِمۡ وَ ﻳَـﺄﺑﻰ اؐللهُ إِﻵ أَن ﻳُﺘِﻢَّ نُورَهُۥ وِلَوۡكَرِهَ اؐلۡكَـٰفِـرُونَ

decor arabesque bas

Wa Allâhou A’lam
Allah Allah est le plus savant
Seul Allah azawajalbest Parfait.

Le savoir parfait appartient à Allahazawajalb, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed saws vert, ainsi que sur sa Famille, et qu’Allah azawajalbsoit satisfait de ses successeurs (califes) bien dirigés : Abou Bakr, 'Omar, 'Othman et Ali et les autres compagnons radi allahu anhumet ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

band decoSi j'ai écrit quelque chose qui contredit ce qu'Allah azawajalbdit, ou ce que le Prophète Mohammed sawsa dit, fait ou toléré, ou un principe établi par consensus, il s'agit d'une erreur de ma part et l'influence du diable, cela est à délaisser. Seul le Prophète Mohammed sawsest infaillible dans ce qu'il a dit ou a fait.
Je demande humblement à Allah azawajalbde m'accorder la sincérité dans l'intention et Sa Clémence et d'unir tous les musulmans 

sous la bannière du Prophète Mohammed sawsafin que nous soyons parmi les gagnants le Jour du Jugement.

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